La parfumerie dans tous ses styles

Comment on extrait les matières du parfum : distillation, absolue, CO2

Flacon de Oborotsuki de Tada Parfumeur

Les matières premières naturelles du parfum s'obtiennent par quelques grands procédés : la distillation, l'expression à froid pour les agrumes, l'extraction aux solvants volatils et, plus récemment, l'extraction au CO2 supercritique. Chaque procédé ne retient qu'une partie des molécules de la plante. Une même rose, un même iris ou une même vanille peuvent donc donner des matières qui ne sentent pas pareil. À côté de ces extraits naturels, les parfumeurs utilisent des molécules isolées et des molécules de synthèse.

La distillation à la vapeur et l'hydrodistillation

La distillation est le procédé le plus ancien et le plus répandu. Dans la distillation à la vapeur, la plante est posée sur une grille dans un alambic. De la vapeur d'eau la traverse et entraîne les molécules odorantes les plus volatiles. Le mélange passe ensuite dans un serpentin refroidi, où il se condense. À la sortie, l'huile essentielle, plus légère que l'eau et peu soluble, se sépare et flotte à la surface. L'eau qui reste garde une partie de l'odeur : c'est l'eau florale, ou hydrolat, comme l'eau de rose ou l'eau de fleur d'oranger.

Dans l'hydrodistillation, la plante est plongée directement dans l'eau, qu'on porte à ébullition. On l'emploie pour les matières qui s'agglomèrent ou qui supportent mal la vapeur sèche. La rose de Damas est traditionnellement distillée ainsi en Bulgarie et en Turquie. Le bois d'agar aussi, souvent pendant plusieurs jours, comme nous l'expliquons dans notre article sur le oud.

Les rendements varient énormément. Le bois de santal donne quelques pour cent de son poids en huile, le bouton de clou de girofle davantage encore. La rose en donne une fraction minime : il faut plusieurs tonnes de pétales pour obtenir un kilo d'huile essentielle. C'est l'une des raisons de son prix.

La distillation a une limite. La chaleur et l'eau abîment certaines molécules, et beaucoup de fleurs fragiles donnent très peu d'huile, ou une huile qui ne leur ressemble pas. Le jasmin et la tubéreuse, par exemple, ne sont pratiquement pas distillés. On passe alors par d'autres procédés.

La distillation sèche se fait sans eau. Le bois de bouleau ou de genévrier cade est chauffé à l'abri de l'air jusqu'à libérer un goudron épais. Ces goudrons rectifiés apportent les notes fumées et cuirées de nombreux parfums.

L'expression à froid des agrumes

Les agrumes sont traités à part. Leur huile se trouve dans de petites poches visibles à la surface de l'écorce. Il suffit de les rompre pour la libérer, sans chauffer. Autrefois, en Sicile et en Calabre, on frottait les fruits à la main contre des récipients garnis de pointes, puis on récupérait l'huile avec une éponge. Aujourd'hui, des machines râpent ou pressent les écorces, et l'huile est séparée de l'eau par centrifugation.

Le produit obtenu s'appelle une essence plutôt qu'une huile essentielle, puisqu'il n'est pas distillé. Il garde un éclat et un côté zesté que la distillation affaiblit. Bergamote, citron, orange, mandarine, pamplemousse ou yuzu sont presque toujours exprimés à froid.

Ces essences contiennent des furocoumarines, des molécules qui rendent la peau sensible au soleil. La bergamote en est riche. La parfumerie emploie donc souvent une bergamote traitée pour les éliminer, dite « sans furocoumarines ».

Les solvants volatils : concrète, absolue et résinoïdes

Pour les fleurs qui supportent mal la distillation, on utilise des solvants volatils. Ce procédé s'est développé à la fin du XIXe siècle. Les fleurs sont lavées dans un solvant, aujourd'hui le plus souvent l'hexane, qui dissout leurs molécules odorantes mais aussi leurs cires et leurs pigments. Le solvant est ensuite évaporé et récupéré. Il reste une pâte solide et cireuse : la concrète.

La concrète n'est pas soluble dans l'alcool du parfum à cause de ses cires. On la lave donc à l'alcool, on refroidit le mélange pour faire figer les cires, on filtre, puis on évapore l'alcool. Le résultat est l'absolue, un liquide épais et concentré, souvent coloré. C'est la forme la plus proche de l'odeur de la fleur fraîche, avec une profondeur et un côté miellé que l'huile distillée n'a pas.

Le jasmin, la tubéreuse, la fleur d'oranger, le mimosa, la rose centifolia de Grasse et du Maroc sont surtout travaillés en absolue. Le procédé sert aussi pour des matières qui ne sont pas des fleurs : feuilles de violette, bourgeons de cassis, fève tonka, gousses de vanille, café, cacao ou feuilles de tabac.

Les résines et les baumes, déjà secs, suivent un chemin voisin. Le benjoin, le labdanum, l'oliban ou la myrrhe sont traités par un solvant, souvent l'alcool. On obtient un résinoïde, une matière dense et collante qui sert de fixateur dans les fonds ambrés et balsamiques.

L'enfleurage, une technique d'histoire

Avant les solvants, la parfumerie de Grasse traitait les fleurs les plus délicates par enfleurage. Des châssis de verre étaient enduits d'une graisse animale purifiée et inodore. Les ouvrières y déposaient les fleurs fraîches une à une, puis les remplaçaient chaque jour, pendant des semaines, le temps que la graisse se sature de parfum. Cette graisse parfumée s'appelait la pommade. On la lavait ensuite à l'alcool pour en tirer l'odeur.

L'enfleurage demandait énormément de main-d'œuvre pour très peu de matière. Il a été abandonné au cours du XXe siècle, remplacé par l'extraction aux solvants. Seuls quelques artisans le pratiquent encore.

L'extraction au CO2 supercritique

Le dioxyde de carbone devient un solvant efficace quand on le comprime et qu'on le chauffe légèrement. Au-delà d'environ 31 °C et d'une pression élevée, il se trouve dans un état dit supercritique, entre gaz et liquide. Il traverse alors la matière végétale et dissout ses molécules odorantes. Quand on relâche la pression, le CO2 redevient gazeux et s'échappe, sans laisser de résidu.

Le procédé travaille à basse température. Il préserve des molécules que la chaleur de la distillation abîme et récupère des composés plus lourds que la vapeur n'entraîne pas. Un extrait au CO2 sent souvent plus fidèlement la matière brute : la baie de poivre rose écrasée, le gingembre frais, la gousse de vanille elle-même. Il s'est répandu en parfumerie à la fin du XXe siècle, surtout pour les épices, les graines, les bois et certaines résines.

Sur une fiche, la mention « CO2 » ou « CO₂ » après le nom d'une matière signale ce procédé.

Teintures et infusions

La teinture est la méthode la plus simple : on laisse macérer la matière dans l'alcool pendant des semaines ou des mois, puis on filtre. L'alcool se charge lentement de l'odeur. Les parfumeurs anciens préparaient ainsi leurs teintures de vanille, de benjoin, de fève tonka, d'ambre gris ou de musc.

Les teintures de musc ou de civette ont disparu de la parfumerie courante. La teinture d'ambre gris existe toujours, car cette matière rejetée par le cachalot se ramasse sur les plages sans nuire à l'animal. Une teinture donne un résultat plus doux et plus diffus qu'une absolue. Certains parfumeurs indépendants préparent encore leurs propres teintures et infusions.

Fractionner, rectifier, isoler

Une huile essentielle n'est pas toujours utilisée telle qu'elle sort de l'alambic. On peut la redistiller sous vide pour séparer ses fractions, les plus légères d'un côté, les plus lourdes de l'autre. C'est le fractionnement, ou rectification. Il sert à retirer une facette gênante : le côté terreux et camphré d'un patchouli, la couleur sombre d'une huile, des molécules allergisantes limitées par la réglementation.

La distillation moléculaire va plus loin. Elle opère sous un vide très poussé et à température modérée, sur une très courte distance. On obtient des qualités plus claires, comme les patchoulis dits « cœur », plus boisés et moins terreux.

Le dernier degré est l'isolat : une seule molécule extraite d'une matière naturelle. Le linalol se tire du bois de Hô, l'eugénol du clou de girofle, le citral de la litsée citronnée, le menthol de la menthe. Un isolat est naturel par son origine, mais il ne porte plus qu'une seule note de la plante.

Le headspace : capter l'odeur d'une fleur vivante

Certaines fleurs ne donnent aucun extrait exploitable. Le muguet, le lilas, le freesia ou la pivoine n'ont jamais été extraits de façon rentable. Pour les reproduire, les chimistes ont mis au point la captation headspace, développée dans les années 1970 et 1980, notamment par Roman Kaiser chez Givaudan.

On place une cloche de verre autour d'une fleur encore sur sa tige, et on aspire l'air qui l'entoure à travers un piège qui retient les molécules odorantes. L'analyse en laboratoire révèle la composition exacte de ce parfum vivant. La fleur reste intacte. Le parfumeur reconstitue ensuite son odeur avec des molécules disponibles, naturelles ou de synthèse. Le headspace sert à connaître une odeur et ne fournit aucune matière première. On l'utilise aussi pour étudier l'odeur d'une forêt, d'une plante rare ou d'un fruit.

La place des molécules de synthèse

Depuis la fin du XIXe siècle, la chimie fournit des molécules qui n'ont pas besoin d'être extraites. La coumarine, synthétisée dès 1868, sent le foin et l'amande. La vanilline reproduit l'odeur principale de la vanille, comme nous l'expliquons dans notre article sur la vanille. D'autres molécules imitent des matières devenues rares ou protégées, comme le santal de Mysore, présenté dans notre article sur le santal, l'ambre gris ou le musc animal. L'Ambroxan, obtenu à partir d'une molécule de la sauge sclarée, rappelle ainsi l'ambre gris.

Certaines molécules n'imitent rien. L'ISO E Super, une molécule créée dans les années 1970, a une odeur boisée, veloutée, presque abstraite.

La synthèse a plusieurs rôles. Elle rend possibles des odeurs absentes de la nature, stabilise des formules, baisse les coûts et évite de prélever des espèces menacées. Presque tous les parfums associent des extraits naturels et des molécules de synthèse.

Pourquoi une même matière sent différemment selon le procédé

Chaque procédé agit comme un filtre. La distillation garde les molécules volatiles et qui supportent la chaleur. Les solvants prennent aussi les molécules lourdes. Le CO2 capte des molécules légères et lourdes, sans les chauffer. Une même plante donne donc plusieurs matières.

La rose en est l'exemple le plus parlant. La rose otto, l'huile distillée de la rose de Damas, sent frais, citronné, un peu vert et poivré. L'absolue de rose sent plus rond, plus miellé, plus proche du pétale. La raison est connue : l'alcool phényléthylique, une molécule à l'odeur de rose douce, se dissout dans l'eau. Pendant la distillation, il reste en grande partie dans l'eau de rose. L'absolue, elle, le conserve.

L'iris montre un autre cas. Le parfum ne vient pas de la fleur mais du rhizome d'Iris pallida, qu'on fait sécher pendant plusieurs années. Pendant ce vieillissement se forment les irones, les molécules à l'odeur poudrée et violette de l'iris. Le rhizome est ensuite broyé et distillé à la vapeur. L'huile obtenue fige à température ambiante, à cause des acides gras qu'elle contient : on l'appelle beurre d'iris ou iris concret. Le mot désigne ici sa texture, et non une concrète au sens des solvants. Débarrassé de ces acides gras, il donne l'absolue d'iris, plus concentrée. C'est l'une des matières les plus chères de la parfumerie.

Le bigaradier, l'oranger amer, donne à lui seul plusieurs matières. Ses fleurs distillées donnent le néroli, frais et vert, et l'eau de fleur d'oranger. Les mêmes fleurs extraites par solvant donnent l'absolue de fleur d'oranger, plus capiteuse et plus animale. Ses feuilles et ses jeunes rameaux distillés donnent le petit-grain, et l'écorce de ses fruits pressée donne l'essence d'orange amère.

La vanille, enfin, se trouve en absolue, sombre, boisée et tabacée, ou en extrait au CO2, plus fidèle à la gousse et plus gourmand. Une fiche qui précise le procédé indique donc un choix du parfumeur, au même titre que l'origine de la matière.

Des parfums qui affichent leurs procédés

La plupart des pyramides indiquent une note sans dire sous quelle forme elle est utilisée. Les parfums ci-dessous font exception : leur fiche nomme explicitement une huile, une absolue, un extrait au CO2, une teinture ou une molécule. Ces mentions renseignent sur certaines matières de la formule, sans en donner la composition complète.

Rose otto et iris concret

Oborotsuki, de Tada Parfumeur, réunit deux des matières évoquées plus haut. Oud thaïlandais, camphre et encens en tête, puis jatamansi, rose otto et vétiver au cœur, sur un fond de santal australien, de patchouli, de mousse de chêne et d'iris concret. La fiche le présente comme un parfum 100 % naturel, vert, boisé et terreux. On y trouve donc la rose sous sa forme distillée, plus fraîche que l'absolue. Le parfum est arrêté par la maison, et les flacons en stock sont les derniers. Notre présentation de Tada Parfumeur revient sur le parfumeur.

Essences d'agrumes et fleur d'oranger

Iyokan, de la même maison, détaille presque chaque matière. Huile d'iyokan, huile de bergamote, poire et huile de néroli en tête, puis huile de yuzu, jasmin, muguet et absolue de fleur d'oranger au cœur, sur un fond boisé et ambré. L'iyokan est un agrume japonais. Le parfum associe le néroli et l'absolue de fleur d'oranger, deux matières tirées de la même fleur par deux procédés différents.

Une huile de bois distillée

Sugidama, également de Tada Parfumeur, s'ouvre sur l'huile de sugi, le cèdre du Japon, avec lavande, bergamote et safran. Le sugidama est la boule de branches de sugi suspendue à l'entrée des brasseries de saké, et le parfumeur dit avoir rapporté du bois employé pour les fûts.

Absolues de fleurs et de feuilles

Lamoon, de Tada Parfumeur, aligne quatre absolues : fleur d'oranger et pandan en tête, jasmin sambac au cœur, graine d'ambrette en fond, avec un accord de crème de coco et de la vanille. Le jasmin et la fleur d'oranger sont deux fleurs typiquement travaillées par solvant. Le pandan est une feuille utilisée dans les desserts d'Asie du Sud-Est.

Red Fever, d'Aaron Terence Hughes, chiffre sa rose. Selon la fiche, il contient 4 % de rose absolue, répartie entre le cœur, avec lys, framboise, prune et pêche, et le fond, avec amande, vanille, ambre, mousse de chêne et ambre gris. L'absolue donne ici une rose ronde et confiturée. Notre présentation d'Aaron Terence Hughes revient sur la maison.

Mango Ambrosia, de Zhufu, emploie une absolue moins courante, celle de feuille de mangue verte, en tête avec la bergamote de Calabre, le citron caviar, le pomelo et le safran. Le cœur ajoute une absolue de fleur d'oranger de Grasse à la mangue et à la tubéreuse. Voir notre article sur Zhufu.

Cacao et tabac en absolue

Virtues, de Cæleste, place un cacao absolu au cœur, avec jasmin, iris et miel, après une tête de bergamote, d'anis étoilé, de cannelle et de clou de girofle. Le fond, très résineux, réunit notamment santal de Mysore, encens, benjoin, vanille et labdanum. Notre article sur Cæleste présente la maison.

Adiere, d'Adi ale Van, utilise deux absolues. Celle de tabac au cœur, avec un accord whisky, du cuir, un accord encre et du bois de pin. Celle de vanille en fond, avec un accord fumée, patchouli, tonka, ambre, cacao et oud. Voir notre présentation d'Adi ale Van.

Des extraits au CO2

Aswan, de Widian, emploie un poivre rose au CO2 en tête, avec bergamote et framboise. Le cœur réunit feuilles de violette, cèdre de Virginie et ambre gris, le fond patchouli, vanille, tabac, musc et cuir. L'extrait au CO2 restitue bien la baie fraîche et résineuse du poivre rose. Notre article sur Widian présente la maison.

Itim Kati, de Tada Parfumeur, combine trois procédés dans une même pyramide : une absolue de fève tonka au cœur, avec jasmin, barbe à papa et benjoin du Siam, puis un CO2 de coco torréfiée et une huile de santal en fond, avec vanille et notes boisées. Le parfum évoque une glace à la noix de coco vendue dans les rues de Thaïlande.

Une vanille en teinture

Bourbon Vanilla, de Shaman Perfumery, est l'un des rares parfums à citer une teinture. Son cœur associe une absolue de vanille Bourbon et une teinture de vanille Bourbon, avec labdanum et baume du Pérou, entre une tête de safran, d'anis et d'héliotrope et un fond de santal, de cèdre, de gaïac et d'ambre. Il est actuellement en rupture. La maison est présentée dans notre article sur Shaman Perfumery.

Des goudrons de bois

Labels of Feelings, d'Adi ale Van, composé par Antonio Alessandria, place en tête une absolue de bourgeons de cassis et un goudron de genévrier, avec fruit de la passion et prune. Le cœur est floral, le fond réunit cèdre, oliban, labdanum, cuir et fumée. La fiche décrit un floral blanc posé sur une base goudronnée et cuirée.

Kama, de Pernoire, ouvre sur le goudron de bouleau, avec mûre, violette et racine d'iris. Barbe à papa, cuir, cypriol et ambre sec forment le cœur, mousse, laine de cachemire et musc le fond. Le goudron de bouleau y donne le cuir fumé que la fiche oppose à la note de confiserie. Notre présentation de Pernoire détaille la maison suisse.

Des molécules nommées sur la fiche

Vitias, de Pernoire, cite l'ISO E Super en fond, avec ambre gris, musc blanc et notes marines. Le cœur réunit racine d'angélique, iris, bois blonds et gaïac. La molécule apporte ici son effet boisé et velouté à un parfum marin.

New York, de Widian, nomme l'Akigalawood au cœur, une matière boisée et poivrée issue du patchouli, entre géranium, iris, rose, jasmin, patchouli et caramel.

D'autres parfums du catalogue jouent sur ces matières dans nos sélections de parfums floraux, de parfums boisés et de parfums frais.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une huile essentielle et une absolue ?

L'huile essentielle est obtenue par distillation à la vapeur ou dans l'eau. L'absolue est obtenue par solvant, puis lavée à l'alcool. L'huile est plus légère et plus fraîche. L'absolue est plus épaisse, plus colorée, et souvent plus proche de l'odeur de la fleur fraîche.

Une essence et une huile essentielle, est-ce la même chose ?

Dans le vocabulaire de la parfumerie, l'essence désigne l'huile des agrumes obtenue par expression à froid de l'écorce, sans distillation. L'huile essentielle est distillée. Dans le langage courant, les deux mots sont souvent employés l'un pour l'autre.

Reste-t-il du solvant dans une absolue ?

Le solvant est évaporé après l'extraction, et les traces résiduelles sont encadrées par la réglementation. C'est l'une des raisons de l'intérêt pour l'extraction au CO2, qui ne laisse aucun résidu puisque le gaz s'échappe entièrement.

Un parfum 100 % naturel est-il meilleur ?

Pas forcément. Un parfum naturel a souvent une texture plus vivante et évolue davantage sur la peau. Il est aussi plus limité dans sa palette, puisque certaines odeurs, comme le muguet, n'existent pas en extrait naturel. La qualité dépend surtout de la composition et des matières choisies.

Pourquoi l'iris coûte-t-il si cher ?

Les rhizomes doivent sécher plusieurs années avant d'être distillés, et le rendement en beurre d'iris est très faible. Le temps, la main-d'œuvre et la quantité de matière nécessaire expliquent son prix, l'un des plus élevés de la parfumerie.

Pour aller plus loin

Les matières citées ici sont présentées une à une dans notre dossier Les matières du parfum, avec des articles détaillés sur le oud, le santal et la vanille. Pour apprendre à lire une pyramide et les familles olfactives, voir notre page Comprendre un parfum. Pour sentir la différence entre une rose otto et une rose absolue sur votre peau, les parfums cités sont proposés en échantillon de 2 ml selon les maisons, sur notre page échantillons.